Spectacle Vivant

Pierre-Emmanuel Barré fait son Come-Back sur scène

Pierre-Emmanuel Barré signe son retour sur scène avec un nouveau spectacle, « Come-Back ». Un one-man-show dans lequel l’humoriste, ringard, est en quête d’une nouvelle inspiration. Ce qui va notamment le conduire à livrer une réflexion sur l’humour et son rôle. Mais aussi à livrer une critique, moins acerbe que parfois, sur notre monde.

L’humoriste Pierre-Emmanuel Barré est actuellement en tournée dans toute la France avec son nouveau spectacle, Come-Back. Il se produit également à Paris, au Bataclan, en avril, mai et octobre 2026. Un one-man-show piquant, incisif, à l’image de l’humoriste, mais moins osé que ce qu’il a pu faire par le passé sur scène et dans ses chroniques radiophoniques. Il s’y imagine en ringard de l’humour, prétexte pour lui de mener, aussi, une réflexion sur le rôle de son art et des humoristes.

Pour son nouveau one-man-show, Come-Back, Pierre-Emmanuel Barré a choisi comme fil conducteur, la réflexion, la création et la construction d’un spectacle. Ainsi il imagine avoir été absent de la scène médiatique pendant 6 ans, être devenu un has been et préparer son retour sur scène, son come-back, en 2031.
Face à la page blanche qui le guette, il s’interroge notamment sur l’humour et sur quel style d’humour pratiquer pour son grand retour sur scène. Il a du mal à convoquer l’inspiration.

Avec Come-Back, Pierre-Emmanuel Barré semble s’adresser à un public un peu plus large que d’ordinaire. En effet, la politique, l’un de ses thèmes de prédilection, notamment dans ses chroniques radiophoniques, objet de toutes ses attentions et critiques acerbes, est bien moins présente que ce à quoi on pourrait s’attendre dans ce spectacle. Bien évidemment, il en est question, à plusieurs reprises, mais c’est loin d’être le thème central du spectacle, comme ça peut parfois l’être sur les ondes de Radio Nova. Ses complices radiophoniques, Aymeric Lompret et Guillaume Meurice, interviennent d’ailleurs par moment, en vidéo, dans Come-Back.

Ce one-man-show démarre par un reportage qui raconte la chute de l’humoriste Barré six ans plus tôt, puis son intention de faire son Come-Back. Il parle vite, c’est son style à Barré. Les premières vannes ne tardent pas à arriver : « Quand tu veux avoir l’air beau, tu t’assois pas à côté de Brad Pitt, tu t’assois à côté de Michel Houellebecq« . Il va y aller crescendo.

En quête de nouveauté, d’inspiration pour son Come-Back, Pierre-Emmanuel Barré imagine un Bataclan Comedy Club (car ce soir-là de décembre 2025, il se produit dans la salle du XIème arrondissement de Paris) dans lequel se produisent différents humoristes, personnages qu’il convoque, aux styles humoristiques différents. Tour à tour défilent sur scène, Bérengère Lellouche (qui nous fait penser à Bérengère Krief) qui raconte ses virées à Ikéa, Hakim Amélie (dont le nom rappelle celui d’Akim Omiri) personnage qui conduit Pierre-Emmanuel Barré à faire du stand-up, mais mal. Mais aussi un mentaliste et un ventriloque, accompagné de sa marionnette, Girafon, aussi vulgaire que Jean-Marc, la marionnette de Jeff Panacloc. Ce qui amène Barré à conclure : « La ventriloquie c’est vraiment moderne et fendard« .

Ces tentatives de trouver un nouveau style humoristique ne sont pas toutes équivalentes qualitativement.
Elles sont ponctuées par les interventions en vidéo de son producteur, Claude Bourbier, délicieux personnage incarné par Benjamin Tranié dont toutes les incursions sont hilarantes.
Sur ces séquences de Comedy Club, on retient néanmoins le sketch sur Laurent Nunez où l’actuel ministre de l’Intérieur prend salement cher. Mais aussi qu’en 2031, Barré imagine qu’Emmanuel Macron a été destitué et condamné à des Travaux d’Intérêt Généraux pour destruction du service public. A la présidence de la République, il a été remplacé par Pierre Niney, qui continue en parallèle sa carrière au cinéma et joue en même temps Mère Teresa et Nelson Mandela.

Cette quête d’un retour, réussi, en public, l’amène à constater qu’un humoriste à toujours le même public, qui ne se renouvelle pas et qui ne traverse pas plusieurs générations. Une réflexion murie sur l’humour et à laquelle on adhère. Il martèle aussi que « l’humour doit faire bouger les lignes, faire changer les choses« . C’est là qu’on retrouve la niaque qu’on lui connaît. Un côté engagé, dénonciateur, qui transparaît lorsqu’il parle de l’humour Palestinien qui « ne vieillit pas« , précisant : « si t’as un spectacle sur le bombardement de Gaza, tu fais toute une carrière« . Sa façon, à lui, de dénoncer, ce qui se passe à Gaza.

L’humour est toujours noir, mais à la question qu’il pose, « Pierre-Emmanuel Barré est-il toujours un gauchiste ?« , on aurait tendance à avoir envie de répondre, oui, mais moins dans Come-Back.

Come-Back, de Pierre-Emmanuel Barré
En tournée : 20 et 21/02 à Bordeaux, 25 et 26/02 à Laval, 28/02 à Nantes, 06/03 à Montaigu, 11/03 à Plougastel, 12/03 à Saint-Brieuc, 23/04 à Nancy, 24/04 à Belfort, 25/04 à Metz, 30/04 à Strasbourg, 21/05 à Arlon,10/10 à Lyon
A Paris, au Bataclan, du 16 au 18/04, du 14 au 16/05 et du 19 au 31/10. Tarif : de 20 à 45 euros.

2 réflexions sur “Pierre-Emmanuel Barré fait son Come-Back sur scène

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *