Spectacle Vivant

Killer Joe, une comédie noire avec Rod Paradot et Benoît Solès

La pièce « Killer Joe » est encore jouée à Paris. Rod Paradot, Benoît Solès, Pauline Lefèvre, Olivier Sitruk et Carla Muys incarnent les protagonistes de cette histoire violente, noire et cynique, au cœur d’une Amérique paumée. C’est brillant, choquant par moment, tant la violence est intense.

La pièce de théâtre Killer Joe est à l’affiche de la Nouvelle Eve, à Paris, pour une poignée de représentations supplémentaires, après quelques mois passés au théâtre de l’Oeuvre, en février et mars 2026.. Dans ce thriller, aux accents de comédie noire, il y a notamment Rod Paradot, Pauline Lefèvre et Benoît Solès.

Killer Joe est la première pièce de théâtre écrite par l’Américain Tracy Letts, en 1993. Elle a été adaptée au cinéma en 2011 par William Friedkin (L’Exorciste, Le convoi de la peur…), avec Matthew McConaughey dans le rôle titre.
En 2025-2026, c’est Patrice Costa qui adapte la pièce pour la France.

Rod Paradot, Olivier Sitruk, Carla Muys et Pauline Lefèvre dans une famille dysfonctionnelle

Killer Joe c’est l’histoire de Joe Cooper, flic – véreux – le jour, tueur à gages la nuit, au Texas. Son chemin va malencontreusement croiser celui d’une famille, plutôt pauvre, où l’amour et les sentiments n’étouffent pas les membres. Il va insidieusement s’y incruster, surtout pour le pire.

Dans Killer Joe, il y a Olivier Sitruk qui incarne le père de famille et Pauline Lefèvre, ancienne miss Météo du Grand Journal, qui joue la belle-mère, négligente, intéressée. Le fils du personnage d’Olivier Sitruk est joué par Rod Paradot et la fille, Dotty, somnambule à ses heures perdues, par Carla Muys. Un grand frère qui ne va pas protéger sa petite sœur comme il le devrait, mais qui ne va pas hésiter à s’en servir comme monnaie d’échange. Une famille dysfonctionnelle qui va néanmoins savoir s’entendre quand il va s’agir d’engager un tueur à gages pour commettre un meurtre.
Enfin, Benoit Solès est Joe Cooper, surnommé Killer Joe.
Sur scène, ils sont accompagnés de Neil Chabaloui qui joue de la guitare et chante en live.

L’action de Killer Joe se passe dans la cuisine familiale, où les protagonistes défilent chacun leur tour, parfois en pyjama. Si cette famille moyenne américaine n’est pas souvent à son avantage, en revanche, Killer Joe, ce cowboy moderne tranche, avec sa classe et son élégance.

Benoît Solès, dans le rôle d’un affreux jo-Joe

La violence – sous toutes ses formes – est très présente dans cette famille qui n’a pas un sou pour payer le tueur à gages, qu’il va pourtant falloir dédommager. Les scènes entre Joe (Benoit Solès) et Dotty (Carla Muys) sont très tendues. La musique poétique jouée par Neil Chabaloui tranche avec la violence de l’histoire. Car il est bien question ici d’abus et de violences faites aux femmes qui ne prennent ici qu’une valeur de marchandise. Néanmoins, la mise en scène et surtout les jeux d’éclairage – très importants dans la pièce – avec la lumière qui diminue à mesure que l’horreur grandit sur scène rendent l’insupportable regardable.

Ce misogyne, violent et abuseurs de Killer Joe est interprété avec justesse par Benoît Solès qui renoue ici avec les rôles de méchants. Car, souvenez-vous, avant d’être multi-récompensé pour la pièce La machine de Turing, Benoît Solès a souvent incarné des méchants et abuseurs de femmes dans les séries AB (Le Groupe, Les vacances de l’amour…).

La fin de Killer Joe tourne au véritable pugilat, une scène qui devient drôle grâce aux dialogues et à la mise en scène qui parviennent à dédramatiser l’horreur de la tragédie qui nous est contée – c’est ce cas tout du long de la pièce – et la rendent supportable.
C’est très noir, c’est cynique. Mais on apprécie.

Killer Joe, de Tracy Letts
Avec Rod Paradot, Pauline Lefèvre, Benoît Solès, Carla Muys, Olivier Sitruk, Neil Chablaoui
A la Nouvelle Eve (25 rue Pierre Fontaine, Paris IXè) les dimanches à 19h et lundis à 20h jusqu’au 09/03/2026
Plein tarif : 25 euros ; tarif – de 26 ans : 15 euros

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